Queersicht on Tour
Pour la quatrième fois, le festival de films LGBTIAQ+ Queersicht quitte Berne pour faire escale au Filmpodium à Bienne. Six films racontent le parcours des personnes qui se créent leur propre espace et explorent de nouvelles formes de proximité, d’autodétermination et d’appartenance.
Feito Pipa suit un enfant qui tente de maintenir à flot un monde de plus en plus chaotique, tout en cherchant à être pleinement lui-même. On the Sea explore la manière dont une masculinité apprise et façonnée par l’environnement peut se mettre en travers de désirs profondément tenus secrets. Jaripeo nous emmène dans les rodéos hypermasculins du Michoacán et plonge au cœur des sentiments contradictoires liés à une terre qu’il a fallu quitter. Maspalomas célèbre le plaisir de vivre et de désirer, et rappelle que ni l’un ni l’autre ne disparaît avec l’âge. Iván & Hadoum intègre naturellement la transidentité à une histoire d’amour où, dans une serre du sud de l’Espagne, l’appartenance de classe et la solidarité deviennent des enjeux majeurs.
Pour ouvrir le programme Queersicht on Tour, nous présentons Les matins merveilleux, une comédie tendre sur les petites choses et les grandes questions de la vie, qui s’éloigne avec légèreté des chemins tout tracés pour emprunter avec bonheur quelques chemins de traverse.
Le toucher comme geste de résistance
Nous complétons le programme avec un documentaire hybride qui ouvre, de manière saisissante, de nouvelles perspectives queer au-delà des dimensions de l’identité, de la sexualité et de la romance. Dans Why Do I See You in Everything ?, la cinéaste syrienne Rand Abou Fakher envisage le toucher comme un geste politique et nous invite à lire la tendresse entre hommes arabes, entourés de violence et de corps marqués par la guerre, comme une expression queer de résistance. Elle compose un geste cinématographique à la fois intime et politique, d’une grande précision, délicat, beau, troublant et puissant.
“For me, queerness is not limited to identity or desire; it is a way of looking. It is a refusal of the hierarchies that determine which bodies deserve intimacy, which gestures are permitted, and which images become imaginable. I chose to work with two Arab men because their bodies have become some of the most politicized and dehumanized images of our time. They are repeatedly framed through war, migration, fear, and violence. I wanted to reclaim another image from within that reality - not by denying violence, but by allowing tenderness to become equally visible.”(Rand Abou Fakher)